21/02/2012
La dame en noire - Susan Hill
Quand Arthur Kipps, jeune notaire londonien est envoyé dans le nord de l'Angleterre pour assister aux funérailles d'Alice Drablow et s'occuper de sa succession, il est loin de se douter que ce voyage va changer jusqu'à sa perception du monde. La faute à une femme vêtue de noire qui va croiser sa route... Une vingtaine d'années plus tard, il se décide enfin à raconter cet épisode de sa vie.
Ce n'est pas que je n'ai pas aimé, bien au contraire. J'ai même bouquiné avec grand plaisir ce roman qui se lit presque tout seul. Mais quand on me parle sur la quatrième de couverture de chef d'oeuvre de la littérature anglaise, et bien... Je me mets à avoir des attentes. Or, il n'y a rien de très original dans La dame en noir. On y retrouve les ingrédients traditionnels, à commencer par le fantôme, la lande, les marais, des villageois taiseux et un jeune homme très sûr de lui. Pour tout avouer, j'avais deviné le pourquoi du comment à la moitié de ma lecture.
Ceci dit, c'est aussi un roman qui a de franches qualités, à commencer par une histoire plutôt bien troussée, en tout cas parfaitement maîtrisée, et surtout une ambiance toute de brouillards soudains et d'angoisse qui est fort réussie. A défaut d'être surpris, on est saisi par l'humidité de cette vieille maison isolée dans laquelle se retrouve le jeune Arthur. C'est d'autant plus agréable que Susan Hill ne donne pas dans la surenchère et sait parfaitement où et comment s'arrêter pour ne pas plonger son lecteur dans des abîmes d'ennuis.
Efficace donc, et parfait pour un dimanche sous la couette.
A noter, l'adaptation filmographique sort le 14 mars.
Cachou dont je partage à 100% l'avis, Mango, Karine :),...
Hill, Susan, La dame en noir, Ed. de l'Archipel, 2012, 220p.
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13/02/2012
Les revenants de Whitechapel - George Mann
Sir Maurice Newbury est un gentleman, un anthropologue spécialisé en pratiques religieuses, et, fort peu accessoirement, un des enquêteurs les plus doués de Sa Majesté la reine Victoria doublé d'un occultiste convaincu accro au laudanum. Ce qui ne convainc pas sa forte tête d'assistante, Veronica Hobbes de revenir à des activités plus appropriées à une jeune femme de bonne famille. Pas plus que le policier fantôme, les zombies ou le crash de dirigeable sur lesquels ils se retrouvent bientôt à enquêter...
Je suis une fille aux plaisirs simples: un peu de steampunk, des zombies,des explosions, une verveine, et me voilà réconciliée avec l'existence si tant est que nous ayons été brouillées. Ça aurait pu remarquez, la dernière fois que je me suis trouvée accrochée à ce point par un bon vieux roman d'aventure remonte à l'année dernière. Enfin presque. Je n'ai jamais prétendu être de bonne foi. Mais comme il faut remercier le ciel pour toutes les petites faveurs, qu'il soit donc remercié pour Les revenants de Whitechapel.
Non, ce n'est pas LE roman steampunk du siècle. Mais en ce qui me concerne, tous les ingrédients pour en faire un excellent moment de lecture, voire un roman doudou y sont réunis. Le récit est nerveux, et si les rebondissements de l'enquête de Newbury et Hobbes sont parfois un brin capillotractés, la bonne humeur avec laquelle l'ensemble est mené fait largement passer sur les quelques faiblesses de l'intrigue. Les péripéties s'enchaînent, les coups pleuvent, les zombies sont laids à souhait et les automates... Disons que les automates sont un hommage ma foi réjouissant à Doctor Who. On sent que George Mann s'est fait plaisir en écrivant cette histoire et, je me permets au passage de souligner le potentiel couinement de son Maurice Newbury, mélange affriolant de Sherlock Holmes et Indiana Jones, le fouet en moins, mais la chemise déchirée bien présente. Ceci dit, et sans rire cette fois-ci, si les personnages sont de facture classique, tout comme les aspects steampunk du roman, la sauce prend. L'humour est bien présent et ce qui s'esquisse des relations entre les personnages comme de l'univers dans ce premier tome est prometteur.
Pour tout avouer, je m'en vais acheter de ce pas le tome 2 en anglais. En fait, j'ai adoré...
Gilossen, pas très convaincu, Terre des Mille Lieux, Filipa, la librairie Critic,
Mann, George, Les revenants de Whitechapel, Eclipse, 2011, 341p.
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10/02/2012
Abraham Lincoln, chasseur de vampires - Seth Grahame-Smith
J'avoue ma faiblesse, lorsque les ravissantes couvertures de Pride and Prejudice and Zombies, Queen Victoria: Demon Hunter ou Sense and Sensibility and Sea Monsters ont croisé mes yeux, ma main a eu un mouvement à peine contrôlable vers l'étagère. Las, à l'époque je tournais autour des éditions anglaises sans oser sauter le pas et, un malheur n'arrivant jamais seul, point de traduction française... Préjudice réparé aujourd'hui puisque la chose arrive jusqu'à nous.
Premier essai, transformation. Abraham Lincoln, chasseur de vampire est une bonne surprise. Une excellente surprise même.
Seth Grahame-Smith emberlificote les fils de la vie de Lincoln avec celle, évidemment secrète, des vampires aux États-Unis. Vampires que le grand Abraham, au sens propre comme au figuré passa une bonne partie de sa vie à massacre allégremment à la hache et tout autre objet contondant disponible à portée de main après qu'un d'entre eux se soit attaqué à sa mère.
Ceci étant dit, on est très loin du délire gore: pas de président des États-Unis dégommant du mort-vivant au gros calibre, malgré quelques scènes de combat (un peu trop) rondement menées. Bien au contraire. On suit Abraham Lincoln depuis les 1ères pages de son journal, journal qu'un mystérieux inconnu a donné à un écrivain frustré avec la mission de les réécrire. Ce sont donc au départ les tribulations d'une famille de pionniers et l'enfance de Lincoln qu'on découvre. Jusqu'à l'irruption du premier vampire. A partir de là, Seth Grahame-Smith entremêle éléments connus de la vie de Lincoln et fiction. Le procédé plutôt bien maîtrisé, donne du rythme au récit. On sent une documentation solide et une bonne connaissance de son sujet qui lui permet de glisser ses vampires sans sombrer dans le n'importe quoi. Surtout, cela lui permet de créer une atmosphère inquiétante juste comme il faut où la politique tient une place de choix. De l'amour par dessus, et voilà un bon roman d'horreur à savourer au coin du feu.
Je ne mentirais pas, ce n'est pas d'une folle originalité. On ne peut pas hurler au génie avec des vampires venus faire ripaille tranquillement au Nouveau Monde et se tapant dessus à qui mieux mieux par humains interposés, mais Seth Grahame-Smith connaît ses classiques et fait preuve d'efficacité et d'une plume agréable. Dommage que la fin gâche un peu cette bonne impression.
Mention spéciale à la couverture, à mon avis particulièrement réussie.
Elbakin, Pehnixweb, Imagin'ères, Walpurgis,...
Grahame-Smith, Seth, Abraham Lincoln chasseur de vampires, Eclipse, 2011, 400p.
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01/01/2012
Boneshaker et Clementine - Cherie Priest
1880, la guerre civile fait rage depuis vingt ans aux États-Unis, la compétition entre les nations a amené dans son sillage des avancées scientifiques et technologiques qui sont autant de révolutions ou de désastres. Seattle est un de ces désastres: dévastée par un gaz mortel libéré par la machine créée par le Dr Blue, la ville est vidée de ses occupants et parcourue par des morts-vivants affamés.
Quand son fils passe le mur dans l'espoir de réhabiliter son père Briar Wilkes, veuve Blue n'a plus d'autres choix que de le suivre pour le sauver.
Des dirigeables, des machines incroyables, de l'aventure, de la baston, des morts-vivants, voilà du steampunk qui dépote et qui se laisse lire. Dans ce premier tome de la trilogie du Siècle Mécanique, Cherie Priest joue avec le huis-clos étouffant d'une ville morte disputée par les trafiquants, un savant fou, quelques fous vivant encore là, tout ce petit monde tentant vaille que vaille d'éviter d'être mordu par un de ces corps infectés par le gaz qui noie tout. Avec ce cadre, elle transforme une finalement banale histoire de passage à l'âge adulte et de révolte en une aventure qu'on prend plaisir à suivre de la première à la dernière page. L'aventure continue d'ailleurs dans le second volet, Clementine. On suit un des personnages secondaires dont on a fait la connaissance, capitaine de dirigeable et trafiquant, mais en ce concentrant cette fois-ci sur un chassé-croisé de pirates et d'espions qui dévoile un peu plus de l'épopée de la guerre civile.
Annoncé comme une trilogie, il semble que Le siècle mécanique voit se profiler un quatrième volume, ce qui je dois le dire, me rend assez curieuse de voir si, et comment l'auteur va développer cet univers qui, frustration, est finalement seulement esquissé dans ces deux premiers opus, au profit de l'aventure pure et dure. Non pas que ce soit rhédibidoire, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, mais j'ai eu l'impression d'effleurer la surface de quelque chose qui aurait pu, et pourrait bien devenir absolument passionnant. Sinon, et bien restera de bons bouquins à lire au coin du feu pour satisfaire une envie de steampunk sans se fouler un neurone.
L'avis d'Alias, que je partage en grande partie. Lhisbei n'a pas du tout aimé (elle donne pléthore de lien merci à elle de me permettre de donner libre court à ma flemme)
Priest, Cherie, Boneshaker, Clementine, Eclipse, 2011
18:30 Publié dans Portail vers l'Autremonde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
06/09/2011
Les chroniques des féals - Mathieu Gaborit
Bien des légendes courent sur cette Tour Ecarlate qui domine un petit village au coeur de l'Empire de Grif', mais aucune n'approche la réalité de cette guilde qui au sein de ces murs comme dans d'autres tours consacre ses forces aux Phénix. C'est là que Januel a trouvé refuge. Jusqu'au jour où son talent lui vaut d'être choisi pour faire renaître le Phénix de l'empereur et le met au centre d'une guerre sans merci contre la Charogne, royaume des morts qui veut rien moins que conquérir le monde des vivants...
Les chroniques des féals font partie de ces romans de fantasy qui me donnent envie de bougonner. Oui, bougonner (j'ai un doctorat en bougonnage et un master en soupir) . Parce qu'ils fourmillent de très bonnes choses, de belles trouvailles, de grands moments, mais malheureusement aussi de faiblesses qui les empêchent d'être de vrais bijoux du genre. La trame est certes classique, mais comment reprocher cela à Mathieu Gaborit quand 95% du temps, le lecteur se retrouve face à une jeune garçon/jeune fille aux talents hors du commun propulsés dans une ou des quêtes qui les dépassent un tantinet ? Ce n'est pas là-dessus que se portera l'expression de mon (très relatif) mécontentement. Je dirais même que l'auteur se tire avec les honneurs et un scénario qui ne manque pas d'originalité de l'exercice, mêlant zombies, créatures légendaires et magie en une histoire qui recèle quelques morceaux de bravoure, voire de la poésie. J'ai d'ailleurs beaucoup aimé les chemins que s'ouvrent les morts et leur royaume. Mais... On voit les ficelles et la narration, même de plus en plus maîtrisée est heurtée. Des éléments se dévoilent à des moments peu opportuns sonnant par là même artificiels, certains rebondissements semblent tomber du ciel... Quant à la naïveté du personnage principal, elle donne envie de hurler jusqu'à ce qu'on comprenne le pourquoi du comment et il ne laisse guère de place aux autres. Ceci dit, je râle, mais j'ai lu les 597 pages de l'intégrale avec plaisir et... il faut bien dire que le grand âge m'atteignant, je suis un chouilla pénible, voire pénible patentée! Aucune raison, donc, de se priver d'une tranche d'aventure!
Elbakin en parle.
Gaborit, Mathieu, Les chroniques des féals, Bragelonne, 2006, 597p., 3/5
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