22/09/2010
Un drôle de père - Yumi Unita
Daïkicih, 30 ans, célibataire n'est pas précisement un bourreau des coeurs. Ce qui ne l'empêche pas d'être un coeur d'artichaut et de sombrer devant les beaux yeux de Rin, 6 ans, la fille illégitime de son grand-père. Rin dont personne ne veux s'occuper et qu'il va prendre en charge à sa propre surprise. C'est le début d'une drôle de famille.
Et un coup de coeur! Un drôle de père est un petit bijou de manga, plein de finesse, d'humour et qui aborde pourtant bien des thèmes graves et prend un angle pour le moins original pour parler famille monoparentale. Pas de mère célibataire ou divorcée, ici, mais un célibataire assez peu porté sur les choses familiales, certainement pas prêt à assumer une relation de couple qui se retrouve avec une enfant de 6 ans à charge et pas le plus petit début d'une idée de ce qu'il convient de faire. On le suit dans sa découverte du monde merveilleux et sans pitié des crèches et autres écoles, dans l'univers impitoyable des rayons enfants des grands magasins d'habillement, dans sa découverte estomaquée de la vie épuisante d'un papa. C'est drôle, vraiment très drôle et en même temps débordant de tendresse. Pour Daïkichi, l'impulsion d'un moment prend les couleurs d'un amour fou et de l'apprentissage d'une paternité pas comme les autres. Pour Rin, c'est après une enfance étrange et l'absence de sa mère qu'elle ne connaît pas une nouvelle vie. On la voit s'éveiller, prendre confiance en elle et apprendre à avoir confiance dans les adultes qui l'entourent.
On a une vision assez étonnante de l'éducation et du quotidien avec un enfant, de la place du père et surtout de la femme dans la société japonaise, de la famille et de ce qu'elle représente à la fois culturellement et universellement. Le tout décrit avec finesse et humour, sans oublier les problèmes quotidiens. On s'attache aux personnages, on prend plaisir à les voir évoluer, se découvrir, s'apprivoiser et s'aimer.
Je n'ai pas encore lu les deux derniers tomes, ceux dans lesquels Rin est devenue une fort jolie adolescente, mais je ne vais pas tarder à sauter dessus avec enthousiasme!
Bref, une jolie histoire à découvrir, et à savourer sans modération!
Unita, Yumi, Un drôle de père, Delcourt, Akata, série en cours, 7 tomes disponibles.
07:02 Publié dans Côté soleil levant | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : entrer des mots clefs
19/07/2010
Jin - Motoka Murakami
À 34 ans, Jin Minakata est le responsable de la section neurochirurgie du CHU de Tôto. Alors qu'il opère un patient, il fait une découverte hors du commun: l'homme a un foetus humain à l'intérieur du crane. Après qu'il l'ait extrait, des phénomènes étranges se produisent autour de lui. Jusqu'à ce qu'une chute dans les escaliers le propulse dans le Japon du 19e siècle, au coeur des combats de la fin de l'ère Keio.
Poussée par la curiosité et une boulimie de bulles, j'ai fini par ouvrir le premier tome de cette série qui a priori, ne me tentait guère. Depuis Urgence (ils ont tué Mark Greeeeeennnnnn!... Hem), plus de séries médicales pour moi, sur petit écran ou papier. Même l'argument du voyage dans le temps n'était pas parvenu jusqu'alors à me faire changer d'avis. J'avais tort. Ben oui. Jin est une excellente série, inventive et intéressante qui permet de découvrir d'une manière inhabituelle cette période historique fascinante qu'est la fin de Keio et l'avénement de Meiji.
Jin Minakata découvre la réalité d'une époque qu'il connait sans la connaître et ouvre de grands yeux étonnés et naïfs sur un monde à la fois raffiné, barbare et proche du sien dans lequel il va petit à petit s'intégrer. De tomes en tomes, on le suit à la découverte d'Edo et de Kyoto, des familles de samouraïs aux quartiers de plaisir, des prisons de l'Empereur aux ruelles des bas quartiers, des complots politiques aux combats sans merci. Jin va croiser ainsi nombre de personnages importants qui vont lui venir en aide ou tenter de le détruire. Car coincé dans une époque qui n'est pas la sienne, Jin fait le choix de pratiquer sa médecine ce qui provoque jalousie et rancoeur ou fascination (et amour parce que quand mêm il faut bien une belle histoire d'amour dans tout ça, et pas qu'une, mais ceci est une autre question).
Et c'est là que le manga devient vraiment intéressant: il va devoir confronter ses connaissances et ses habitudes à des conditions d'exercice de la médecine qui n'ont rien à voir avec ce qu'il connaît et faire face à des affections éradiquées en son temps comme la rougeole et le choléra. Le travail de fond du mangaka est impressionnant. Chaque histoire développée, chaque technique médicale utilisée et présentée a été cautionnée par un médecin. Certaines cases ne sont pas sans rappeler des planches d'anatomie par leur précision. On découvre donc bien des choses à commencer par les moyens de fabriquer de la pénicilline artisanalement. On oublie presque qu'il s'agit d'une histoire de voyage dans le temps tant la médecine est au centre.
Seul regret, on se cantonne généralement aux différences entre médecine traditionnelle et médecine contemporaine, aux moyens que trouve Jin pour compenser les différences de matériel et de pharmacopée sans réellement parler des pratiques médicales du 19e siècle et de la confrontation entre médecine traditionnelle orientale et médecine occidentale, laquelle est tout juste abordée comme un arrière-fond qui va avec celui des bouleversements politiques de ce temps.
Heureusement il n'y a pas que ça! Au fil des volumes, les personnages secondaires s'étoffent, deviennent attachants, les complots et les drames se nouent, faisant naître une tension qui pousse à ouvrir le tome suivant et à découvrir ce qu'il advient du héros et de ses partisans. Et cela même si le grand coeur de Jin le rend parfois un brin agaçant et s'il faut un peu de temps pour que le scénario ne se contente pas d'aligner les histoires médicales mais entre dans le vif du sujet: la confrontation de deux médecines.
Bref, une belle découverte et une jolie série qui mérite le détour!
Murakami, Motoka, Jin, 18 vol., 11 traduits, série en cours. 9 volumes lus, ed. Tonkam
07:00 Publié dans Côté soleil levant | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : médecine, manga, voyage dans le temps
12/12/2009
Sky Hawk - Jiro Taniguchi

Hikosaburô et Manzô vivent sur le territoire Crow. Exilés aux États-Unis depuis les conflits qui ont marqué la naissance de l'ère Meiji, les deux samouraïs ne se doutent pas qu'ils vont bientôt repartir en guerre. En sauvant Runnong Deer, une indienne, des griffes du marchant qui l'avait acheté, ils s'embarquent dans une aventure qui va les mener à rejoindre le clan de Crazy Horse et à se joindre à la guerre sans espoir menée contre les hommes blancs.
Pour moi, la sortie d'un nouveau Taniguchi est toujours synonyme de bonheur. J'étais donc toute sautillante de joie à l'idée de tourner les pages de son nouvel opus. Las, la magie n'a pas été, cette fois-ci, au rendez-vous. Pourtant, Sky Hawk fourmille de bonnes idées. La première est d'utiliser un fait très peu connue: l'émigration vers les États-Unis d'un petit nombre de samouraïs à la fin du 19e siècle. Dès lors qu'on le sait, la présence des deux héros dans l'ouest américain se fait crédible et la rencontre de la culture japonaise traditionnelle avec le monde indien laisse présager quelques belles pages. Découverte d'une culture autre, à la fois proche par bien des aspects de la culture japonaise et pourtant très différente, découverte de soi et nécessité de lutter jusqu'à trouver un sens à sa vie, regard sur la conquête du territoire américain par les colons blancs, histoire des peuples indiens et de leur quasi éradiquation... Bien des choses s'annonçaient.
Seulement voilà, il y a trop, ou trop peu. Un peu d'histoire d'amour, un peu d'histoire d'amitié, un peu d'histoire tout court, la grande comme la petite, un peu d'aventure, un peu de guerre... On en retire l'impression d'un survol et des personnages et de l'histoire. Il y a des passages qu'on aimerait voir développés, des aspects de l'histoire qui gagneraient à être un brin plus fouillés. Et puis certains dialogues m'ont semblé sonner faux. A aucun moment je ne me suis sentie embarquée dans l'épopée de ces deux hommes et du peuple qu'ils se sont choisis et je me suis même franchement ennuyée par moment malgré l'originalité de la trame. Après tout, un western sous forme de manga et mettant en scènes deux samouraïs indiens , on ne voit pas ça si souvent! Manquait juste le souffle, l'aprêté du western.
Tant pis! J'attendrai le prochain en croisant les doigts!
Taniguchi, Jiro, Sky Hawk, Sakka, Casterman, 2009, 2/5
07:00 Publié dans Côté soleil levant | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : un coup de sabre dans l'eau, ça arrive
29/11/2009
Je ne suis pas un ange

Midori Saejima, fait partie de la première promotion des élèves du tout nouveau lycée école Hijiri et surtout du premier comité des élèves. Avec Akira Sûdo, Mamiya et Takigawa, elle va vivre quatre années palpitantes.
Je sais qu’avec un tel résumé de l’action, je ne donnes pas envie. En même temps, il est vraiment difficile de résumer l’intrigue de Je ne suis pas un ange, à la fois extrêmement simple et franchement compliquée. Simple parce qu’il s’agit finalement des relations amoureuses et amicales qui se nouent entre les membres du comité des élèves. Complexe parce que c’est aussi un portrait de l’adolescence et de ses drames familiaux, amoureux et amicaux. Bref, Midori est amoureuse d’Akira, Mamiya de Takigawa qui a déjà une petite amie, le cinquième larron est un rugbyman bon vivant et tout ce petit monde va allégrement s’embrasser, pleurer, rire et s’amuser pendant le temps du lycée. Ai Yazawa, comme elle en est coutumière, offre à ses lecteurs une belle histoire, certes classique, mais au scénario bien écrit, aux personnages attachants et aux dessins toujours aussi agréables. Elle excelle dans la peinture de ces années où l’on passe à l’âge adulte : les doutes, les passions, les drames, les tensions familiales, tout y est croqué avec tendresse et humour. Il y a les passions amoureuses silencieuses et cachées, il y a les ruptures, la jalousie, les relations chaotiques avec le monde adulte, la peur de l’avenir, et en même temps une pêche folle et beaucoup de rire. Au fil des quatre tome, c’est tout un petit univers qui naît et qu’on quitte avec regret. Et il y a même les habituels clins d’œil à ses autres œuvres dont l’auteur parsème ses œuvres. Pour ceux qui ne connaissent pas cette mangaka, c’est une porte d’entrée sympathique, d’autant que la série est publiée en seulement quatre volumes (ok, de gros volumes, mais seulement quatre et disponibles en biblitohèque) ! Aucune raison de se priver ! Pour ceux qui connaissent Yazawa, c’est une pierre de plus à l’édifice. Et pour moi, un coup de cœur !
Yazawa, Ai, Je ne suis pas un ange, Delcourt, 4 vol. 5/5
07:17 Publié dans Côté soleil levant | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : ai yazawa, je ne suis pas un ange
25/10/2009
Kimi Wa Pet

Sumire est un beau personnage de femme moderne déchirée entre des aspirations contraires, entre réussite professionnelle et une vie plus traditionnelle incarnée par son amie Yuri.
07:00 Publié dans Côté soleil levant | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : kimi wa pet










